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Crise sanitaire, crise politique, crise démocratique … Thierry DEL POSO réélu !

Publié le par pugnace

Scrutin éléctoral du 15 mars 2020 - une élection faussée ....

Scrutin éléctoral du 15 mars 2020 - une élection faussée ....

Thierry DEL POSO a été réélu dans un contexte anxiogène, en pleine flambée de l’épidémie de coronavirus. Le premier tour de ces élections municipales a été fortement influencé par la crise sanitaire, nul ne peut en douter. Le taux d'abstention massif  dans notre commune fausse totalement la lecture de ce scrutin. L'abstention ne s'explique pas par la seule démobilisation des personnes âgées, elle touche toutes les catégories, à la fois d'âge et socioprofessionnelles. Clairement l'épidémie de coronavirus a eu un impact direct sur le scrutin. En empêchant le bon fonctionnement démocratique, elle a favorisé le renforcement de la prime au sortant ; l’équipe du maire sortant était la plus à même à avoir les moyens de mobiliser sa clientèle ou de jouer des procurations, (notamment dans les EHPAD). Nous avons des parents âgés, qui n’ont pu voter sans prendre le risque de s’exposer à la contamination, et d'autres d'ores et déjà confinés, qui ont été empêchés de voter … alors que les conditions de délivrance des procurations n'ont pas toujours été remplies comme cela aurait dû l’être pour éviter des biais importants au bénéfice du maire sortant.

Le coronavirus impacte le scrutin ... Thierry Del Poso mal réélu ...
Le coronavirus impacte le scrutin ... Thierry Del Poso mal réélu ...

Le coronavirus impacte le scrutin ... Thierry Del Poso mal réélu ...

Thierry DEL POSO réélu sur fond de crises :

crise sanitaire, crise politique, crise démocratique

 

 

Dans son allocution du 12 mars, le Président de la République au prétexte d’assurer "une respiration démocratique" a décidé du maintien de ce scrutin, négligeant tous les risques de propagation du coronavirus. Comment expliquer aux personnes atteintes de maladie chronique et aux personnes âgées de plus de 70 ans, à qui Emmanuel Macron a demandé "de rester autant que possible à leur domicile", qu’elles pouvaient en revanche se rendre aux urnes sans crainte ? L’annonce, la veille au soir du scrutin par le premier ministre, d’un renforcement des mesures de confinement visant à freiner l’explosion de l’épidémie, a augmenté l’effet désincitatif sur la population. A la crainte de contagion s’est surajouté pour beaucoup le sentiment de participer à un scrutin faussé et rendu absurde. D’autant que malgré les précautions sanitaires prévues pour rassurer ceux qui souhaitaient se rendre aux urnes, des membres du personnel soignant ont de leur côté appelé les électeurs à rester chez eux ; c’est notamment le cas du président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP (CHU d’Ile-de-France) qui a indiqué qu’il fallait "dès maintenant appliquer le confinement maximum". Ainsi, dès samedi, dans une tribune publiée sur Atlantico une quinzaine de médecins demandait au Président de la  République un report du scrutin.

Pourquoi ce maintien aberrant et imprudent ? Le report d’élections municipales avait été effectué en France il y a 12 ans, pour éviter une concurrence de scrutins entre l’élection présidentielle et les élections municipales. Cela avait été anticipé certes, mais pourquoi alors que depuis plusieurs jours, le pouvoir n’en finit pas de renforcer les mesures de confinement, sur la base des recommandations d’un conseil scientifique (créé sur le tard), pourquoi a-t-il voulu jusque là minimiser cette question ? Les problèmes immédiats et plus lointains posés par ce scrutin en pleine épidémie de coronavirus auraient dû logiquement inciter l’exécutif à préparer un report. D’autant que si le premier tour s’est déroulé au moment de l’annonce du stade 3, le second doit avoir lieu une semaine plus tard, et que de toute façon l’on sait depuis plusieurs jours que le pays suit une trajectoire semblable à celle de l’Italie dans la progression de l’épidémie de Covid-19. Une singularité française qui nuit gravement à l’expression démocratique alors que d’autres pays ont pris, eux, la mesure de l’enjeu politique : au Québec, les élections municipales partielles prévues ce weekend du 15 mars ont été annulées ; en Grande Bretagne les municipales prévues en mai sont reportées d'un an. Mais en France avec un virus qui a passé le stade 3, on maintient le premier tour sans savoir quelles seront les conditions pour le second ... C'est ubuesque, on fausse totalement le jeu démocratique en excluant du vote tous les citoyens vulnérables qui n’ont pu se rendre aux urnes et on ouvre la porte à tous les paramètres de tricheries.

Comment ne pas y voir une volonté, un calcul politique, de figer la carte municipale française en misant sur une abstention massive propre à favoriser la réélection des sortants ? C’est pour le moins une conception bien particulière de la "continuité de la vie démocratique" ! Car l’enjeu politique n’est pas mince ; c’est bien à terme la légitimité et l’efficacité des édiles locaux qui sont en jeu.

Dans notre pays déjà fortement impacté par l’abstention et la déshérence civique, le maintien de ce premier tour de scrutin vient aggraver l’écart entre les citoyens électeurs et les responsables politiques. Le maintien de ce premier tour de scrutin renforce sans conteste la crise de la représentation politique. A présent, si le second tour doit être annulé, comment  laisser coexister deux catégories de villes, les unes avec un nouveau maire, les autres avec les anciens maires au mandat prolongé. C’est totalement contraire au principe d’égalité démocratique et, si l'on s'en tient au Code électoral qui stipule que l'élection municipale est un scrutin à deux tours, alors l'annulation de l'un devrait entraîner l'invalidité de l'ensemble. La sagesse et le respect de nos principes fondamentaux voudraient si le second tour est annulé que le premier le soit également pour tout le monde et les mandats des équipes sortantes prolongés de quelques mois. D'autant plus que l'abstention record plombe lourdement le mandat des nouveaux élus qui se verront rappeler à chaque initiative qu'ils n'ont été choisis que par une toute petite minorité ! 

La réélection de Thierry DEL POSO 

ou

le vice de notre démocratie locale

 

Thierry Del poso est réélu dès le 1er tour avec 63,55% des voix, Ange Garcia obtient 22,73% et le trio Nouvelle Voie 13,7%. Avec seulement 42% de suffrages exprimés (déduction faite des "nuls" et des "blancs" sur 45,04% de votants), l'abstention a profité au maire sortant qui a capitalisé sa clientèle. Un vrai problème de représentativité puisqu' avec seulement 2754 voix pour 10 103 inscrits, Thierry Del Poso ne représente qu'un quart des électeurs.

Faible légitimité, mais ce serait le grand vainqueur ? Oui car déjà il bénéficie, avec le système de "prime au premier", d’une majorité absolue en nombre de sièges ; ce qui lui donne au final 28 sièges contre 3 sièges pour Ange Garcia (985 voix) et 2 pour le trio (594 voix). Voilà bien le vice de notre système de démocratie locale. Le maire échappe au regard de ses administrés faiblement représentés par les groupes d’élus minoritaires : 28 sièges pour 2754 voix contre 5 sièges pour un total de 1579 voix.

Autrement dit alors que le contrôle institutionnel est faible, le contre-pouvoir politique est rendu quasi inexistant. Thierry Del Poso pourra donc persister dans la continuité de ses pratiques très contestables du point de vue de l’intérêt général.

Nous l’avons dit et répété, le système est tel qu’à défaut d’une véritable mobilisation de l’électorat ou d’un contrôle de légalité efficace, le maire sortant se maintiendra et persistera dans ses fautes. L’abstention massive condamne le renouvellement. Un maire mal élu ne devrait pas se sentir légitime.

Pour résumer :

Un quart des inscrits a voté Thierry Del Poso. Un quart d’électeurs qui le considèrent désormais comme leur « champion ». Un quart de citoyens qui le maintiennent ainsi à la tête de la commune.

Il faudrait considérer que 75 % des Cyprianais acceptent de facto ce verdict?

Parions qu’ils vont l’accepter : la démocratie a bon dos… !

Mais, plus préoccupant,  le suffrage a-t-il le pouvoir d’absoudre les fautes commises ?

Un pardon déjà consenti par un quart… au nom de tous : la démocratie a bon dos… !

Qu’en pense la Justice ?  Reçoit-elle son compte à se retrouver bafouée au fond des urnes ?

Le chevalier blanc a-t-il réellement reblanchi son noir manteau ? …

 

A SUIVRE ...

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BlogMonde 21/03/2020 19:51

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