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Pour des électeurs informés ... ZOLA, au secours !

Publié le par pugnace

J’Accuse… ! est le titre d'un article rédigé par Émile Zola au cours de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898

J’Accuse… ! est le titre d'un article rédigé par Émile Zola au cours de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898

L’après-demain nouveau est arrivé comme un sauvage,

Les moutons ameutés bêlent à qui mieux mieux,

Et passe l’orage.

Le jour de gloire se fait vieux, très vieux …

Hier, 11 novembre 2019, les écharpes tricolores sont de sortie

Sonnez clairons ! Vive la clique

Roulez tambours ! Voici l’édile

Les jeux sont faits :

Impair et manque à tour de bras.

Les enfants de la patrie comme une image d’Epinal,

Marchent toujours de gauche à droite,

Comme les autres, en faisant gaffe,

A leurs arrières, à leurs avoirs, à leur image,

Drapés de fausse dignité, à l’abri du souvenir de vertu de leurs aïeux,

Tous veulent oublier l’infamie de leur édile et de ses amis.

J’ai relu pour eux ZOLA. Plus d’un siècle a passé. Stupéfiant comme le célèbre "J’accuse" trouve en l'histoire de notre petite ville du 21ème siècle toute sa résonance. J'en ai tiré quelques extraits, revisités par une adaptation libre - acteurs et actes - à notre vécu Cyprianais.*

Cyprianais, entendez ces vérités que l'on vous cache ...

Cyprianais, entendez ces vérités que l'on vous cache ...

Madame République,

Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez fait un jour, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des tâches ? Vous apparaissez rayonnante dans l'apothéose de cette fête patriotique qui célèbre l’Armistice de 1918. Mais quelle tâche de boue sur votre nom - j'allais dire sur votre règne - que cette déplorable affaire en notre petite Ville !

Puisqu'ils ont osé, j'ose aussi, moi. La vérité, je l’ai déjà dite*, car j'avais promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice, je ne permets pas l’oubli.

Et c'est à vous, Madame République, que je la crierai pleine et entière cette vérité, de toute la force de ma révolte d'honnête femme. Pour votre honneur, je veux bien croire encore que vous l'ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais auteurs, si ce n'est à vous et à vos enfants.

L'affaire DEL POSO tout entière; on ne la connaîtra que lorsqu'une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Il apparaît comme l'esprit le plus fumeux, le plus compliqué, hanté d'intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers volés, les lettres dénonciatrices, les rendez-vous dans les endroits déserts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des preuves accablantes.

Ah ! Cette première affaire, elle est un cauchemar, pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Je défie les honnêtes gens de la lire, sans que leur cœur bondisse d'indignation. Le procès « Bouille », mais c'était l'écroulement du roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement dramatique a eu lieu entre les murs d’une prison !

Le beau résultat de cette situation extravagante est que l'honnête homme, là- dedans, Jean Jouandet, ce Préfet honoraire devenu conseiller municipal "d’indignation", qui seul a fait son devoir, a été la dernière victime, celui que l'on a violenté impunément. Ô justice, quelle affreuse désespérance serre le cœur !

Oui ! Nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de dettes et de délits dont on proclame implicitement l'innocence, tandis qu'on frappe l'honneur même, un homme à la vie sans tâche ! Quand une société en est là, elle tombe en décomposition.

Voilà donc, Madame République, l'affaire DEL POSO : un présumé coupable qu'il s'agit d'innocenter. Depuis bien des années, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. Et c'est un crime encore que de s'être appuyé sur la presse, que de s'être laissé défendre par toute la fripouille de la ville, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment, dans la défaite du droit et de la simple probité. C'est un crime d'avoir accusé de troubler la Ville ceux qui la veulent généreuse, à la tête des villes libres et justes, lorsqu'on ourdit soi-même l'impudent complot d'imposer l'erreur, devant la communauté entière. C'est un crime d'égarer l'opinion, d'utiliser pour de basses besognes cette opinion qu'on a pour partie pervertie jusqu’à la rendre aveugle aux vérités.

Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Jean Jouandet a été le grand honnête homme, l'homme de sa vie loyale, il a cru que la vérité se suffisait à elle- même, surtout lorsqu'elle lui apparaissait éclatante comme le plein jour.

Telle est donc la simple vérité, Madame République, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence, une souillure. Je me doute bien que vous n'avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes la prisonnière de la Politique et de ses entourages. Vous n'en avez pas moins un devoir, auquel vous songerez, et que vous remplirez. Ce n'est pas, d'ailleurs, que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l'arrêtera. C'est d'aujourd'hui seulement que l'affaire commence, puisque aujourd'hui seulement les positions sont nettes : d'une part, les présumés coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse; de l'autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu'elle soit faite. Je l'ai dit ailleurs, et je le répète ici : quand on enferme la vérité sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle d'explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l'on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. Mais cette lettre est longue, Madame République, et il est temps de conclure.

 

La vérité peut languir, mais non périr.

La vérité peut languir, mais non périr.

J'accuse Thierry DEL POSO d’avoir été l'ouvrier diabolique de la chute de l’ancien maire feu Jacques BOUILLE et d'avoir ensuite instauré son œuvre néfaste, perpétuée depuis dix ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables.

J'accuse Thierry DEL POSO d’être l’auteur d’une violence physique aux conséquences dramatiques à l’encontre de feu Jean JOUANDET, décédé le 14 novembre 2016.

J’accuse Thierry DEL POSO d’avoir mené sur les réseaux sociaux et dans la presse, particulièrement dans L'Indépendant, une campagne abominable, pour égarer l'opinion et couvrir ses fautes.

J’accuse les témoins de cette violence de s'être rendus complice, tout au moins par faiblesse d'esprit, de témoignages mensongers et frauduleux, à moins qu'un examen médical les déclare atteints d'une maladie de la vue et du jugement.

J'accuse les enquêteurs saisis de la plainte de Jean JOUANDET d'avoir fait une enquête scélérate, j'entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport de synthèse, un impérissable monument de naïve audace.

J'accuse le Parquet de Perpignan d’avoir eu entre les mains sur cette affaire, et d'autres, les preuves certaines de la culpabilité de Thierry DEL POSO et de les avoir étouffées, de s'être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et pour sauver l'état-major compromis. Je l’accuse d’avoir couvert cette illégalité et d’autres, en commettant à son tour le crime juridique de blanchir officieusement et sciemment un présumé coupable.

 

En portant ces accusations, je n'ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c'est volontairement que je m'expose. Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais pas, je n'ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l'acte que j'accomplis ici n'est qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice. Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme .Qu'on ose donc me traduire devant un tribunal et que l'enquête ait lieu au grand jour ! J'attends.

Voilà, Madame République, ce que je me devais de vous dire avec l'assurance de mon profond respect … et l’espoir d’être enfin entendu.

 

***

*Ce texte conserve pour grande partie l’écriture originale du grand auteur Emile Zola … Il s'agit d'une très humble reprise de ses mots transposés à ce que nous vivons ici et aujourd'hui. Comme quoi ce monde ne se renouvelle pas beaucoup. Dans l’attente de justice, Cyprianais entendez ces vérités, pensez-y le jour de votre vote.

* La vérité, je l’ai déjà dite; j'invite ceux qui veulent la mieux connaître à lire mon livre-témoignage, la mort en sourdine dont des extraits sont publiés sur ce blog chaque vendredi.

Isabelle Jouandet

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Respect 14/11/2019 19:25

Quel courage Madame Jouandet ! Quelle leçon pour nous tous ! Nous ne l'oublierons pas au moment du vote.